POURQUOI CHOISIR LE CAMBODGE

Paragraphe 1

Cambodge, nouvel eldorado du Grand Mékong ?
Coincé entre les deux géants de la région que sont la Thaïlande et le Vietnam, le Cambodge va-il devenir un eldorado pour les hommes d’affaires ? En tout cas, Phnom Penh, sa capitale, est en plein boom, ayant amorcé une modernisation à marche forcée depuis une décennie.


Développer le réseau routier et ferroviaire, construire de nouveaux ports et aéroports, voici la priorité du gouvernement pour la période 2015-2025. On estime que le pays doit investir 1,2 milliard de dollars par an pour rattraper son retard (en photo, le Monivong Boulevard, une des grandes artères commerciales de Phnom Penh).
Il flotte dans les rues de Phnom Penh comme un air de toute nouvelle prospérité. La capitale du Cambodge, réputée autrefois comme la ville jardin de l’Indochine, est désormais victime d’embouteillages quasi incessants durant la journée. Partout on détruit, on construit, on élargit. De fait, Phnom Penh ressemble à un gigantesque chantier et les projets – certains sans vrai fondement économique, d’autres parfois surdimensionnés – se multiplient. « On va construire au nord-ouest de Phnom Penh un nouvel écoquartier autour du futur Stade National où se tiendront les jeux d’Asie du Sud-Est de 2023, dit le ministre du tourisme, le docteur Thong Khon. Ce quartier sera relié par un métro aérien avec le centre-ville. 

Il est vrai que la croissance du Cambodge est remarquable, le pays comptant parmi les plus dynamiques de l’Association des Pays d’Asie du Sud Est (ASEAN). Depuis le début de la décennie, le PIB a cru d’un peu plus de 7 % en moyenne annuelle. Et ce n’est pas fini, puisque la Banque Mondiale s’attend à une progression de 6,9 % en 2017 et en 2018, grâce à la hausse des dépenses publiques et l’essor de l’agriculture et du tourisme, compensant le repli des secteurs du bâtiment et de l’habillement.
La Banque Mondiale s’attend à une progression de 6,9 % en 2017 et en 2018, grâce à la hausse des dépenses publiques et l’essor de l’agriculture et du tourisme.
Certes, le PIB par habitant reste l’un des plus bas de la zone ASEAN avec 1 160 dollars par an et par personne. Ce qui est cinq fois moins que la Thaïlande voisine et deux fois moins que le Vietnam. Cependant, il faut tout de même noter que ce PIB a triplé en l’espace d’une décennie ! La Banque Asiatique pour le Développement (ADB) relève ainsi que le pourcentage de Cambodgiens vivant sous le seuil de pauvreté est passé en 20 ans de 50 % à 20  %. Les signes de l’émergence d’une classe moyenne sont d’ailleurs bien visibles dans les rues de la capitale cambodgienne. Le cabinet Knight Frank dénombre par exemple 72 projets d’immeubles résidentiels privés d’ici 2020, soit une croissance de l’offre d’appartements de 641 % ! De la même manière, les restaurants élégants se multiplient, en même temps que les rutilants centres commerciaux et leur cohorte habituelle d’enseignes internationales, la consommation devenant un moteur de la croissance du royaume.

Cet essor s’appuie également sur le développement d’infrastructures qui permettront de mieux répartir les fruits de cette aisance nouvelle à l’ensemble du pays. Car, pour l’instant, ce sont surtout la capitale Phnom Penh, la ville de Siem Reap, porte d’entrée des célèbres temples d’Angkor, ainsi que la zone côtière autour de Sihanoukville et Kampot qui en tirent le plus de bénéfices. La modernisation du réseau routier, avec voies express vers le Vietnam et la Thaïlande, fait partie des plans, tandis que, sur l’axe nord-sud c’est le réseau ferroviaire qui progresse. Ainsi en 2016, après 15 ans d’interruption, des trains ont circulé entre Phnom Penh et la côte. Dans le transport aérien, trois aéroports internationaux sont ouverts, gérés par une filiale de Vinci.
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La France a de fait une présence relativement importante au Cambodge. On estime la communauté d’expatriés à quelque 7 000 personnes, tandis qu’une cinquantaine de grandes entreprises et une centaine de PME tricolores se sont implantées dans le pays. Outre Vinci et ses aéroports, Accorhotels est un acteur très important dans le secteur de l’industrie du tourisme, avec notamment deux établissements Sofitel, tandis qu’EDF gère le réseau électrique. Par ailleurs, on ne compte plus à Phnom Penh le nombre de boulangeries, de boutiques d’artisanat, d’entreprises dans le domaine agroalimentaire qui sont des émanations de l’Hexagone. La France a donc un vrai atout à jouer dans le secteur des services, probablement plus que dans celui des grosses infrastructures, celles-ci étant très souvent l’apanage des entreprises chinoises, massivement installées en raison des liens très forts entre gouvernements chinois et cambodgien.
Le Cambodge est d’ailleurs l’un des pays les plus accessibles pour une implantation au sein de l’ASEAN. Car l’un de ses plus gros atouts, et non des moindres, se trouve dans la possibilité d’ouvrir une filiale, voire carrément une entreprise sans avoir obligatoirement besoin de s’associer à une personne ou à une société locale. Les formalités sont réduites au minimum, l’autorisation de séjour longue durée des plus simples, avec la mise en place d’un visa valable jusqu’à trois ans, tandis que les droits de douanes et les impôts sur les sociétés restent relativement faibles. Seule ombre au tableau : une corruption pas vraiment systématique, mais souvent bien réelle.
On estime la communauté française à 7 000 personnes. Une cinquantaine de grandes entreprises et une centaine de PME tricolores sont aussi implantées dans le pays.
Une implantation au Cambodge s’étaye sur une longue tradition de coopération avec la France, qui remonte bien sûr à la période coloniale et qui a perduré après l’indépendance grâce à la francophilie de la famille royale, notamment de l’ancien roi Sihanouk et aujourd’hui de son fils, le roi Sihamoni. Il est vrai que Phnom Penh offre encore une certaine douceur de vivre, mélange unique de cultures khmère et française. Les vieilles villas coloniales – du moins celles qui ne sont pas détruites – ont des réminiscences de Provence ou de Normandie. Et l’on rencontre parfois de jeunes Khmers ravis de chanter Frère Jacques ou Au clair de la lune aux visiteurs. Une relation à cultiver !
Témoignage

Le Cambodge en chiffres
Quatre secteurs sont considérés comme les piliers de l’économie cambodgienne. Tout d’abord, le textile et la confection qui représentent un tiers du PIB et 80 % des exportations du pays ; suivi de l’agriculture qui génère encore un tiers du PIB et ensuite le tourisme avec près de cinq millions de visiteurs internationaux par an. On constate une montée en puissance du secteur de la construction et de l’immobilier avec un véritable rush des investisseurs chinois, taïwanais et coréens.
[cambodge en chiffres]
3 ans, c’est la durée du visa multi-entrées que le Cambodge a approuvé pour attirer plus de visiteurs. Initialement prévu en septembre 2016, son introduction a été repoussée de quelques mois pour des raisons techniques. Il permettra d’atteindre un objectif de sept millions de visiteurs en 2020 au lieu de 4,77 millions en 2015.
Kep, le Saint-Tropez de l’Indochine
On l’appelait Kep-sur-Mer et elle avait des allures de Deauville tropical avec ses bungalows de bord de mer. Créée au début du siècle dernier, la station balnéaire de Kep, à 160 km au sud de Phnom Penh, le long du golfe de Thaïlande, a d’abord été réservée aux colons français, accablés par la chaleur étouffante de la capitale. Au milieu des années 50, le prince Sihanouk, véritable amoureux de la petite station, a eu l’ambition d’en faire le St-Tropez de l’Indochine. Les collines de Kep se couvrirent alors de villas inspirées du style moderne d’un Le Corbusier mêlé avec des éléments traditionnels khmers. Un style d’ailleurs passé à la postérité sous le terme de “Nouvelle Architecture Khmère”. “La bourgeoisie dorée de Phnom Penh y venait chaque week-end. On dansait le cha-cha-cha, on faisait des barbecues sur la plage et on se baladait le long de la côte sinueuse en décapotable”, raconte Serge Rémy, qui travaille avec l’UNESCO et qui a été chargé d’un projet de mise en valeur du patrimoine de Kep.

Avec l’arrivée des Khmers Rouges dans les années 70, la cité balnéaire sombra dans la déchéance et l’oubli. Les villas furent peu à peu dévorées par une jungle envahissante. Des 300 villas Nouvelle architecture, il n’en reste aujourd’hui qu’une quarantaine, souvent restaurées avec passion par des Français. Quelques-unes sont depuis devenues des hôtels de luxe comme la Villa Romonea ou encore Knai Bang Chatt Resort, deux splendides propriétés sauvées de la destruction.
La cité balnéaire semble regagner peu à peu ses galons de destination tendance. Certes, on n’y danse plus le cha-cha-cha et on a peu de chance d’y croiser Catherine Deneuve ou Leonardo Di Caprio, mais le temps d’un week-end, on peut en tout cas s’abandonner à une certaine nostalgie et contempler cette mer qui inspirait tant le prince Sihanouk.

S’y rendre
Il n’existe plus de lignes directes entre Paris et Phnom Penh depuis la fermeture du vol Air France. Mais les liaisons restent aisées. La porte d’accès naturelle est Bangkok, desservie en direct par Air France ou Thai Airways International. Depuis Bangkok Suvarnabhumi, il existe une quinzaine de vols quotidiens vers Phnom Penh ou Siem Reap avec Thai Airways/Thai Smile, Bangkok Airways et Cambodia Angkor Air. Autres alternatives : passer par Ho Chi Minh Ville avec Vietnam Airlines ou encore via Doha avec Qatar Airways.
Formalités : Passeport en cours de validité. Visa d’un mois à l’arrivée avec une photo d’identité pour 30 US dollars.
Décalage horaire : + 5 h en été ; + 6 h en hiver.
Monnaie : le Riel Cambodgien mais le dollar est accepté partout, souvent plus facilement que la monnaie locale !
1 euro = 4 501 Riels (juin 2017).
Indicatif téléphonique : +855


UN PEU D'HISTOIRE


Le Cambodge actuel se veut l’héritier de l’Empire khmer qui dominait la majeure partie de la péninsule indochinoise au XIIe siècle. 

 Mise sous tutelle du pays par la France, après signature d’un traité de « protectorat » en 1863. Il se termine le 9 novembre 1953 par l'indépendance du pays, à la fin de la guerre d'Indochine.

Devenu une monarchie constitutionnelle en 1947 dirigée par le roi Norodom Sihanouk

Confronté, à partir de 1967-1968, à une insurrection fomentée par les Khmers rouges, Norodom Sihanouk se résoud à confier le 14 août 1969 la direction du gouvernement au général Lon Nol, son pilier militaire, connu pour son anticommunisme, en échange d'une aide américaine

Le 18 mars 1970, Lon Nol, poussé par le prince Sisowath Sirik Matak, renverse Sihanouk en déplacement à l'étranger et instaure la république khmère. Devenu allié des États-Unis, le Cambodge est alors intégré à la stratégie d'endiguement du communisme en Asie du Sud-Est. 

Avec l'appui de la Chine, les Khmers rouges déclenchent  une véritable guerre contre les forces gouvernementales. En sus de cette guerre civile, le pays est entraîné dans la guerre du Viêt Nam. Dès 1970, les Khmers rouges sont en passe de gagner, mais les États-Unis interviennent intensivement (larguant plus de 2,7 millions de tonnes de bombes, faisant du Cambodge le pays le plus bombardé de l'histoire

En 1973 les États-Unis se désengagent de la région, leurs frappes aériennes ne parviennent plus à arrêter la menace communiste. 

Les Khmers rouges de Pol Pot, soutenus par la république populaire de Chine, prennent Phnom Penh le 17 avril 1975 et installent un régime totalitaire, plus extrémiste encore que celle des Soviétiques et des maoïstes, ce qui  entraînera  la mort de plus d'un million de Cambodgiens, persécutés ou assassinés. Le chiffre de 1,7 million de victimes directes et indirectes est le plus communément admis. 

visant notamment à purifier le pays de la civilisation urbaine et bourgeoise La traque systématique des anciennes élites, « identifiées » parce que parlant des langues étrangères ou portant des lunettes (par exemple)

Le 25 décembre 1978, le Viêt Nam envahit le Cambodge, entraînant l'effondrement du régime des Khmers rouges. Les autorités vietnamiennes installent un gouvernement proche de leurs intérêts et réorganisent le pays selon le modèle socialiste laotien et vietnamien. Une guérilla est organisée par des mouvements divers allant des Khmers rouges aux mouvements royalistes appuyés par la Thaïlande. Des millions de mines sont alors disséminées à travers tout le territoire et nombre d'entre elles perdurent jusqu’aujourd'hui.

Durant toute la décennie des années 1980, le pays est ruiné et divisé au gré des combats

Après le départ des forces du Viêt Nam en 1989 et l'envoi de forces de l'ONU au début des années 1990, le régime retrouvera peu à peu une certaine autonomie. 

Le Premier ministre actuel Hun Sen, placé au pouvoir par le Viêt Nam, dirige le pays depuis cette période

Le roi Norodom Sihanouk, redevenu chef de l’État en 1993, a abdiqué une seconde fois en 2004 au profit de son fils cadet Norodom Sihamoni, ancien danseur classique et ambassadeur du Cambodge auprès de l'Unesco à Paris.

Devise nationale Nation, Religion, Roi
Administration: Forme de l'État Monarchie constitutionnelle élective
Roi Norodom Sihamoni
Premier ministre Hun Sen
Langues officielles Khmer
Capitale Phnom Penh
Géographie  Superficie totale 181 035 km2
Fuseau horaire UTC + 7
Population totale (2017) 16 204 486 hab. _ Densité 90 hab./km2

GEO

Pays d'Asie du Sud-Est, le Cambodge est entouré par la Thaïlande, le Laos et le Viêt Nam. Sa superficie est 181 035 km2 et sa bordure maritime, longue de 443 km, donne sur le golfe de Thaïlande. Il possède trois grandes chaînes de montagnes : celle de l'Éléphant au sud, celle des Cardamomes à l'ouest et la Cordillère annamitique à l'est.

La géographie du Cambodge est dominée par le fleuve Mékong (khmer : Tonlé Thom ou Grande Rivière) et le Tonlé Sap (Rivière d’Eau Fraîche). À la saison des pluies, le courant du Mékong se renverse et s’écoule vers le Tonlé Sap dont le lac augmente considérablement sa superficie.



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